Ancien espoir du tennis français, et joueur de poker en ligne reconnu, Emile s’est spécialisé dans les paris sportifs, au point de devenir professionnel....

 

Pour LivePoker, il décrit un métier de passionné et livre au passage les secrets de sa méthode. 

Par Benjamin Viard - LivePoker.

Magazine Sports & Poker.

Vous souvenez-vous de votre premier pari sportif ? Qu’est ce qui vous a attiré dans cette pratique ?

J’ai découvert les paris sportifs quand j‘habitais à Monaco. La pratique n’était pas encore autorisée en France, mais je pouvais aller jouer en passant la frontière, en Italie. J’allais jouer 50 euros sur des matchs de foot, mais comme ça, sans prétention. Parallèlement j’ai commencé le poker, je continuais les paris, mais comme un passe-temps. J’ai longtemps joué en étant perdant, pendant plusieurs années, comme 90% des joueurs de poker, avant d’être sponsorisé par PMU. Puis tout s’est fait progressivement. D’un côté, réussir dans le poker devenait de plus en plus difficile et de l’autre, le marché du pari sportif explosait. Beaucoup de joueurs de poker ont suivi le même chemin que moi.

Vous résidez aujourd’hui en Autriche. S’agit-il d’un déménagement professionnel ?

Oui très clairement. La première chose, c’est qu’en France, les cotes sont beaucoup plus basses que celles que l’on peut trouver à l’étranger. On perd en moyenne entre 10 et 15%. Deuxièmement, la limitation sur les mises empêche toute progression importante. Après, il y a aussi un bon côté pour ceux qui jouent en France : comme les bookmakers margent énormément sur les cotes, ils ne sont pas à l’abri de faire des erreurs, qui peuvent profiter aux parieurs.

Ne jamais jouer avec le cœur est une règle de base chez le parieur. Vous confirmez ? 

Oui en général, ce n’est vraiment pas terrible, il faut éviter. Si on prend les équipes les plus populaires en France, comme l’OM, le PSG ou Saint-Étienne, on voit tout de suite qu’elles sont surjouées, les cotes sont toujours plus basses qu’elles ne devraient l’être. Ces équipes ont de nombreux supporters qui parient dessus, ça fait forcément baisser le marché. On le voit plus particulièrement avec l’OM, qui souffre terriblement dans le jeu, mais qui conserve des cotes très favorables. 

Certains visent les grosses cotes, pour une plus grande plus-value, d’autres les plus basses, pour assurer un maximum. Où se situe la vérité ?  

Le problème n’est pas forcément dans le fait que la cote soit élevée ou basse. Si la valeur de la cote est très importante, ce n’est pas grave de jouer cher. Si une cote à 8 vaut 3 dans la réalité, et même si cela reste compliqué de valider une cote à 3, c’est l’occasion de réaliser une très bonne opération. 

Enregistrez-vous vos paris plusieurs jours à l’avance pour obtenir les meilleures cotes ou patientez-vous jusqu’au dernier moment pour prendre en compte un maximum de paramètres ?

C’est plutôt variable. Mais en général, c’est vraiment plus intéressant de jouer quelques jours avant, cela permet d’anticiper les baisses de cotes. Il faut avoir de l’expérience, car ça peut aussi marcher dans l’autre sens, avec des cotes qui augmentent dans les derniers instants. Mais ça reste quand même souvent une bonne solution, quand on joue le lundi une cote à 1.8 pour le week-end suivant peut être redescendue à 1.5 au coup d’envoi, c’est très fréquent. Sur une année complète, ça peut faire beaucoup de bénéfices en moins. Après, le live peut aussi être une alternative, mais c’est une pratique complètement différente, il faut être très concentré, regarder la partie en direct. 

Quel est le sport qui selon vous, est le plus rentable ? 

Le football, mais c’est à double tranchant. C’est sans doute le sport le plus compliqué, parce qu’il y a de nombreux paramètres qui entrent en jeu. Mais c’est le plus rentable.

Et quels sont les sports à éviter ? 

Le tennis, c’est très compliqué. On n’a pas forcément toutes les informations, si un joueur est légèrement blessé, ou s’il n’est pas dans son assiette. Au football, les coéquipiers peuvent palier un coup de moins bien, pas au tennis. Ce n’est pas difficile de savoir à l’avance quel joueur sera absent, s’il est blessé ou suspendu. C’est beaucoup plus délicat au tennis pour le grand public, alors que les bookmakers ont ces informations. Souvent, quand on trouve qu’une cote est particulièrement belle, c’est qu’il nous manque justement une information.

Misez-vous seulement sur des victoires, ou vous utilisez les autres possibilités qui sont offertes ?

Il ne faut pas uniquement jouer sur les vainqueurs des rencontres. De mon côté j’utilise régulièrement les handicaps, favorable ou défavorable, ou bien même mi-temps. Je parie également sur les buteurs, ou sur le nombre de buts marqués dans une partie. 

Explorez-vous des compétitions plus méconnues ? 

Oui, je joue souvent sur les divisions inférieures, comme les 3ème et 4ème division en Allemagne, ou en Autriche. C’est là que vient l’entraide entre parieurs professionnels, on se donne des tuyaux. Il faut pouvoir connaître les compositions, c’est donc primordial d’avoir un vrai réseau, pour donner des informations, et en recevoir en retour.

L’Italie  ou la Grèce ont souvent l’image de pays où les combines sont nombreuses. Evitez-vous ces championnats ou les malversations sont possibles ?

C’est comme le dopage, on en parle que dans le vélo, mais… Je pense au contraire que l’Italie est peut-être moins touchée par cette dérive que d’autres pays. Des scandales ont déjà éclatés, la répression y est de plus en plus importante, tout est surveillé, et les mentalités sont en train de changer.

Sans rentrer trop dans les détails, comment gérez-vous votre bankroll ?

Ce n’est pas toujours facile. Avec les paris sportifs, on peut passer plusieurs mois sans être positif. En ce moment par exemple, je suis sur une série de trois mois négatifs. Mais de toute façon, on fait les comptes sur une année, et c’est là qu’il faut être positif. C’est très volatile, il y a des mois ou les profits sont très importants, d’autres plus délicats.

Un peu de concret pour nos lecteurs désormais. Quelles sont les belles opérations que vous avez réussies ces derniers mois ?

J’ai un beau pari en cours. Avant le début de la Coupe Davis, j’avais misé sur un succès final de l’Argentine, avec une cote à 18. Le retour de Del Potro a changé le visage de l’équipe, qui affronte la Croatie en finale le mois prochain. Et la cote est aujourd’hui à 2. Sinon, j’ai fais un très bel Euro, avec notamment de belles sommes récoltées à l’issue de la demi-finale entre la France et l’Allemagne. J’avais aussi misé sur la victoire de Murray à Wimbledon. 

Pour finir, évoquons le futur. Quels sont les pièges à éviter dans les prochaines semaines, et au contraire, quels bons plans pouvez-vous nous dévoiler ?

Je pense que Djokovic est sur la pente descendante. Il va bien sûr continuer à réaliser de belles performances, mais il ne sera plus insurmontable. Comme lors du déclin de Federer et Nadal, Djoko va conserver pendant encore quelques mois des cotes vraiment basses, à 1.01, 1.02, alors que l’écart avec ses adversaires ne sera pas toujours aussi important. A contrario, Murray est de plus en plus solide. Ce ne sont pas des cotes à 15, mais je l’aime beaucoup. Sinon, je sens très bien Monaco cette année. Mais il faut faire attention aux compositions d’équipes, parce que l’ensemble perd en solidité quand deux ou trois cadres sont absents.

Crédit photo : Winamax

 

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Sommaire du N°114 - Juillet / Août 2017

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