Trader-Bookmaker-interview-Paris-Sportifs

Jonathan Guez, trader Winamax, nous ouvre les portes d'une profession et d'un milieu plutôt méconnus du grand public.

Propos reueillis par B.V - LivePoker.

Magazine Sports & Poker.

Bonjour Jonathan, vous êtes trader dans le domaine des paris sportifs, un métier très méconnu. Pouvez-vous le présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

De manière générale, nous fixons les cotes lors de la mise en ligne des paris sur le site. Nous supervisons les mises placées par les joueurs et nous ajustons les cotes en fonction des mouvements du marché. Nous nous occupons également de la clôture des paris et de la vérification des résultats finaux. Chez Winamax, nous travaillons 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, tous les jours de l'année. Nous sommes une équipe jeune, tous mordus de sport, et de tous les sports.

La base de votre métier est de fixer les cotes. En prenant l'exemple d'une rencontre de football, quels sont les critères les plus importants ?

Tout d'abord, il faut savoir que, pour établir une cote, nous servons des probabilités. Si une équipe possède 25% de chances de gagner, la cote sera à 4. Pour établir nos cotes, nous prenons en compte plusieurs critères. La forme du moment et la motivation de l'équipe restent les plus importants. Par exemple, la cote du PSG ne sera pas la même s'il y a de l'enjeu ou non sur le match. Il faut également prendre en compte l'historique entre les équipes, les compositions (suspensions, blessures), etc.

La méto peut également être un facteur que nous prenons en compte si cela peut impacter la qualité du terrain, les conditions de jeuet donc l'issue du match. Par ailleurs, nous avons une stratégie qui est d'offrir les meilleurs cottes à nos parieurs. Nous allons également ajuster nos cotes en fonctions de nos concurrents dans le but de respecter notre engagement. 

Pour rappel, sur la dernière étude Odoxa, Winamax proposait dans 69% des cas les meilleures cotes sur les quatre sports les plus misés (football, tennis, basketball, rugby).

 Il y a quelques années, l'humain était au centre du pari sportif. Aujourd'hui, la technologie et les statistiques ont pris beaucoup de place. Comment utilisez-vous ces outils ?

Il y a quelques années, tous les paris étaient faits manuellement. Avec le temps, les paris se sont fortement diversifiés et il est devenu impossible de tout gérer sans cette technologie. 

Sur un match de football, nous proposons jusqu'à 70 paris différents par match, il est donc indispensable d'utiliser des algorithmes et des statistiques pour satisfaire nos parieurs.

La technologie vient donc suppléer une partie de notre travail mais elle a ses limites, notamment sur les sports mineurs, pour lesquels les statistiques sont beaucoup moins développés.

On sait évidemment que l'objectif d'une telle entreprise est d'engendrer un maximum de bénéfices. Mais le sport reste une science inexacte, avec l'exemple de Leicester sacré champion d'Angleterre. Est-il possible de calculer cette part d'irrationalité ?

Le cas de Leicester reste un cas exceptionnel et c'est ce qui fait la magie et la beauté du sport. Les bookmakers ont sous-évalué cette équipe et de nombreux parieurs ont gagné beaucoup d'argent de l'autre côté de la Manche. D'ailleurs, cette année, les bookmakers ont reveu à la baisse la cote des outsiders. Le moins bien coté étant ainsi à 1000 contre 10.000 l'an passé !

Le niveau s'est resserré en Premier League et, désormais, tout le monde a sa chance. En 2012, la France a connu le même phénonmèe avec le titre surprise de Montpellier. Mais à l'époque, les paris étaient beaucoup moins démocratisés en France. Nous ne sommes donc jamais à l'abri de surprises.

Le 10 juillet dernier, la France atteignait la finale de l'Euro, malheureusement perdue face au Portugal. On imagine que l'excellent parcours des tricolores a eu un impact très positif sur le marché des paris sportifs. Vous confirmez ? 

L'euro en France a été une véritable aubaine pour le secteur des paris sportifs et tous les acteurs du marché ont pu en profiter. Les bons résultats de la France ont eu un impact relativement positif pour les bookmakers. La grande majorité de nos parieurs ont misé sur la France durant la compétition et nous avons donc perdu de l'argent contre l'Irlande, l'Islande et l'Allemagne. En revanche, la défaite de la France en finale contre le Portugal a clairement profité aux bookmakers.

Mails il est vrai que si la France avait été éliminée dès la phase de poules, de nombreux parieurs se seraient sûrement désintéressés plus tôt de la compétition.

Jonathan-Guez-Winamax
Trader, Jonathan Guez s'adonne aussi au poker.

 

Le football est évidemment au centre de votre activité, mais quels sont les sports en développement qui attirent de plus en plus de parieurs, et sur lesquels vous proposez de plus en plus de cotes ? 

Le football représente plus de 60% des mises en France. Si on ajoute le tennis et le basket, nous arrivons à environ 90% des mises. Il est donc plus difficile d'établir des tendances générales sur les autres sports. Cependant, nous souhaitons en permanence développer notre offre, notamment sur les sports mineurs et peu médiatisés où les Français excellent comme le biathlon avec Martin Fourcade ou encore le ski alpin avec Alexis Pinturault. La saison d'hiver reprend très prochainement et il sera évidemment possible de parier sur ces sports chaque week-end.

Vous prépaez forcément l'avenir dès aujourd'hui. Comment va évoluer le monde du pari sportif en France ? Sur quels axes travaillez-vous pour attirer encore plus de monde sur Winamax, notamment au niveau des cotes ?

Je pens que les paris sportifs vont encore progresser dans les années à venir et les chiffres du marché sur les derniers semestres sont très encourageants pour le secteur. La forte concurrence du marché nous pousse quotidiennement à innover, à proposer de nouvelles promotions, à voir ce qui se fait chez la concurrence...

Nous sommes également bien aidés par le service marketing pour nous renouveler et avoir un regard extérieur sur notre métier. Nous élargissons de plus en plus notre offre de paris en live et proposons des cotes sur toutes les compétitions autorisées par l'Autorité de régulation des jeux en ligne. Au-delà du marché français, une ouverture sur le marché européen pourrait forcément être bénéfique à notre site.

On imagine que ce n'est pas forcément dans votre intérêt, mais quels conseils pourriez-vous donner aux parieurs ?

Comme au poker, je recommanderais tout d'abord aux parieur de respecter un "bankroll management" pour pouvoir ne jamais se "broke" (perdre toute sa bankroll, ndlr). Cela peut paraître évident mais il est préférable de se renseigner sur les matchs sur lesquels on parie, en cherchant des informations dans la presse ou sur internet, pour optimiser son pari et éviter ainsi d'apprendre au dernier moment que le joueur phare de l'équipe est absent...

Propos reueillis en octobre 2016

 

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Sommaire du N°113 - Juin 2017

 

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