Le monde d’aujourd’hui est truffé de statistiques. Le football n’échappe pas à la règle : la très grande majorité des parieurs sportifs s’appuient désormais sur ces chiffres pour prendre leurs décisions. 

Une aide vraiment bénéfique ou une arme à double tranchant qu’il faut à tout prix éviter ? Blog du Parieur vous livre les éclaircissements indispensables.

Par Benjamin Viard - LivePoker, le magazine Sports & Poker.

Il est quasiment impossible de regarder l’intégralité de tous matches de football. Il existe bien des parieurs plus assidus que d’autres, mais personne ou presque ne peut suivre un championnat dans son entièreté et sur la totalité d’une saison. Que font désormais les habitués ? Ils s’appuient en très grande partie sur les statistiques, de plus en plus présentes dans le sport. Aujourd’hui, pour reprendre l’exemple du football, on parle énormément de possession de balle, de nombre de buts marqués, du nombre de frappes tentées, de séries positives ou négatives, d’historiques de confrontations ou encore de bilan à domicile ou à l’extérieur. Cela fait beaucoup d’informations, qu’il faut savoir trier, analyser et surtout additionner. Car c’est bien là leur utilité : s’appuyer sur une seule statistique ne peut pas être suffisant, mais en regrouper plusieurs doit vous permettre d’affiner votre regard, et de faciliter votre choix.

La fin du règne de la possession ?

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Cette obsession pour la possession de balle s’est propagée dans l’ombre du spectacle offert par le FC Barcelone. D’abord avec Pep Guardiola, les Catalans sont passés maîtres dans l’art de confisquer le ballon à leurs adversaires, en accumulant les trophées. Sur le plan international, l’équipe d’Espagne a pris le relai avec les mêmes résultats radieux : la possession était devenue un gage de réussite. Un mirage, ou une réalité ? La deuxième option est la bonne, dans la majorité des cas. Une équipe capable de maîtriser techniquement son sujet, de faire courir ses adversaires, de gonfler sa confiance et ses sensations en touchant régulièrement le ballon, a plus de chances de s’imposer qu’une formation qui passe la grande partie de son match loin du cuir. On le voit très clairement avec les leaders des différents championnats (classements arrêtés le 15 décembre), avec le Bayern, la Juve, le Real ou bien encore les étonnants Niçois en Ligue 1. Des écuries qui s’appuient toutes sur une maîtrise importante de la balle.

Notre championnat est d’ailleurs un bon révélateur de l’efficacité de cette possession de balle : Nice, Monaco, Paris, Lyon et Rennes, les cinq premiers du classement, occupent cinq des six premières places des formations qui conservent le plus le ballon. Seul ombre au tableau, l’OM, 4ème dans ce domaine mais seulement 9ème de L1. Mais ce qui ressemble à un vrai piège s’explique finalement assez facilement. D’une part, il faut regarder la possession match par match, et si l’OM l’a eu contre des équipes modestes, les Olympiens ont toujours eu du mal à garder le ballon contre les cadors, comme Nice, le PSG, Monaco, et même Rennes. De plus, il est important de regarder, en parallèle, le nombre de tirs effectués, pour voir si cette possession n’est pas stérile. Et quand on voit que les Marseillais n’ont que le 12ème total de frappes de l’élite française, on peut logiquement conclure que leur maîtrise technique est très peu productive (l’arrivée de Rudi Garcia et le mercato d’hiver pourrait toutefois changer la donne à l’OM).

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Il faut se méfier d’une certaine évolution apparue durant l’Euro, qui a confirmé une tendance mise à la mode par l’Atlético Madrid et Leicester : l’Islande pendant toute la compétition, ou bien encore l’Italie et le Portugal, et même nos Bleus lors de leur affrontement face à la grande Allemagne, se sentaient plus à l’aise en laissant le ballon à leurs adversaires, et en opérant en contre. A l’inverse, on a aussi pu voir certaines équipes, comme le PSG en Ligue 1 ou Manchester City en Premier League, ne pas profiter de leur ultra domination dans la maîtrise du cuir pour prendre le dessus sur certains rivaux.

Pour marquer, il faut frapper

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L’OM est entrée de la mauvaise façon dans l’histoire des statistiques en Ligue 1 en étant la seule formation, depuis 10 ans, a terminer une rencontre sans même frapper au but adverse, lors du Clasico disputé au Parc et conclu par un terne 0-0. Dans ces conditions, difficile de s’imposer. Alors, en plus des chiffres de possession de balle, un bon parieur doit toujours s’intéresser aux habitudes offensives d’une formation. Son nombre de tentatives bien sûr mais aussi son nombre de tirs cadrés (une frappe de 35 mètres, qui passe à plusieurs mètres des buts, ne peut pas être considérée comme un réel danger pour la défense adverse). Prenons encore une fois l’exemple de la Ligue 1, et du top 5 de cette fin d’année 2016. A part Rennes, qui est la 7ème équipe au nombre de frappes, et 13ème pour les tirs cadrés, Nice, Monaco, le PSG et Lyon squattent encore les premières places. Des chiffres qui se marient tout naturellement avec le nombre de buts marqués : Monaco est l’équipe qui cadre le plus de frappes, et qui s’appuie sur la meilleure attaque de la division. Le PSG, Nice et Lyon sont les autres formations qui trouvent le plus souvent le chemin des filets adverses.

Thauvin et ses coéquipiers marseillais sont rentrés dans l’histoire par la petite porte, en ne tentant aucune frappe sur la pelouse du Parc des Princes lors du dernier Clasico.
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Il n’y en a pas vraiment. Plus une formation frappe au but, plus elle a de chance de marquer, c’est mathématique. Si les stats ne nous offrent pas un détail précis de ces frappes (un tir aux six mètres est évidemment plus dangereux qu’une tentative lointaine), l’accumulation de tirs reste malgré tout un indice important pour situer la santé d’une équipe. Il faut aussi se méfier la différence entre le nombre de frappes simples, et celles cadrées.

La loi des séries ?

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Un bon parieur doit être capable d’analyser la dynamique d’une formation. Et pour cela, il n’y a pas de règles précises, si ce n’est s’appuyer sur les 5 dernières rencontres disputées, ce qi vous permettra déjà de vous faire un meilleur avis. Mais là encore, une simple lecture des résultats ne suffira pas. Vous devez regarder contre qui l’équipe a obtenu ses résultats, si elle évoluait à domicile ou loin de ses bases tout en vous appuyant sur les deux points évoqués plus haut : la possession de balle et le nombre de frappes lors de chacune de ces rencontres. Une équipe peut avoir obtenu de mauvais résultats lors des dernières semaines, mais en ayant peut-être affronté les meilleures écuries de sa division et en ayant fourni de très bonnes prestations.

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Vous devez vous méfier des changements de compétitions. C’est moins vrai pour la Ligue des champions, où toutes les équipes jouent le coup à fond, mais les coachs profitent souvent de la Ligue Europa ou des coupes nationales pour faire tourner leur effectif. Les derniers résultats obtenus en championnat ne sont donc pas toujours représentatifs. Enfin, ne vous fiez que très peu aux historiques de confrontations sur plusieurs saisons : chaque année, et c’est de plus en plus le cas, les effectifs bougent, les coachs sont remplacés et les forces d’une équipe sur une saison ne seront donc peut-être plus celles là un an après.
Mais rien ne remplacera la vision d’un match dans son intégralité, ou bien, dans le meilleur des cas, l’analyse de comptes-rendus.

Toujours mieux à la maison

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C’est beaucoup plus marqué au rugby, ou en handball, mais c’est aussi le cas au football : les équipes qui évoluent à domicile ont toujours plus de chances de s’imposer. Et c’est comme ça que chaque saison, on retrouve des formations, pas forcément toujours bien placées en championnat, mais qui prennent la très grande majorité de leurs points à la maison, et qui souffrent en déplacement. On se souvient par exemple du FC Séville version 2015-2016, 7ème du classement final, vainqueur de 14 de ses 19 matchs à domicile (2 de moins que le Barça et le Real) mais incapable de gagner en déplacements (le 19ème bilan de la Liga dans ce domaine). Oui, l’appui d’un bon public, et les repères d’une équipe sur leur propre pelouse jouent un rôle très important.

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Encore une fois, cette statistique est intéressante, mais elle ne suffit pas. Là encore, une analyse plus approfondie est recommandée : combien de buts ont été inscrits, combien de buts ont été encaissés, face à qui l’équipe a obtenu ses meilleurs résultats, comment a t-elle réagi en recevant les meilleures équipes ? C’est en répondant à toutes ces questions que vous pourrez affiner le profil d’une formation.

 

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