Qui va marquer ? Combien de buts seront inscrits ? Décryptage de cette nouvelle mode dans les paris sportifs. 

Les années s’écoulent, et les cotes des équipes qui dominent leur sujet baissent, irrémédiablement. Pour réaliser de meilleurs bénéfices, et sans augmenter trop les risques, s’intéresser aux buts, plus qu’au score du match, est l’une des solutions. 

Par Benjamin Viard - LivePoker.

Magazine Sports & Poker.

Plus le temps passe, et plus les cotes des meilleures écuries d’Europe diminuent. Il est devenu quasiment impossible de faire des bénéfices importants en misant sur les Bayern Munich, Real Madrid, Juventus de Turin ou autre Paris Saint-Germain sans rajouter des handicaps pour des victoires dès la mi-temps ou avec plusieurs buts d’écart. Cela peut certes être intéressant pour compléter un combiné, mais la déception est immense quand, et cela arrive, ces grosses entités du foot européen subissent une contre-performance. Forcément, les parieurs se lassent, et se tournent de plus en plus vers d’autres formes de paris, peu répandues ces dernières années mais dont le boom est vraiment conséquent ces derniers mois. Parmi les possibilités offertes aux joueurs, deux se distinguent tout particulièrement : miser sur les buteurs d’une rencontre en particulier, ou bien sur le nombre de buts inscrits au cours de cette même rencontre. A l’aide de nombreux exemples, notamment sur notre bonne vieille Ligue 1, nous allons ici vous détailler ces nouvelles façons de parier.

Les joueurs se lassent des cotes trop faibles des cadors

Pour trouver des cotes très élevées, il faut logiquement prendre de très gros risques. C’est à dire aller souvent à l’encontre de l’avis des bookmakers, et donc parier contre l’équipe qui endosse le costume de favori. Pourquoi ne pas plutôt regarder du côté des buteurs ? Prenons l’exemple du match entre Lille et l’OM, programmé le vendredi 17 mars dernier, pour le compte de la 30ème journée de Ligue 1 (ces lignes ont été écrites avant la rencontre). Les joueurs de Lille, qui évoluent devant leur public avec l’envie de gagner pour prendre un peu d’air sur la zone rouge, disposent de cotes très intéressantes. Les buteurs habituels de l’équipe étaient cotés à 3.00 (Eder, De Préville) quand El Ghazi et Benzia étaient à 3.30. Du côté de l’Olympique de Marseille, les cotes sont également très alléchantes. Payet et Thauvin, boostés par leur convocation en équipe de France, sont cotés respectivement à 3.3 et 3.2. On peut même tenter de très jolis coups avec les défenseurs, à l’image de Rolando et Doria, de temps en temps buteurs sur coup de pied arrêté, et qui émargaient à 6.00 et 7.00 pour ce déplacement dans le Nord. Des cotes énormes, que l’on ne trouve quasiment jamais en Ligue 1, ou alors seulement quand les plus mauvaises équipes de la division se déplacent sur les pelouses des cadors, comme le PSG et Monaco. Avec des cotes qui dépassent 3.00, vous pouvez d’ailleurs miser sur 3 joueurs différents, et si un seul trouve le chemin des filets, vous serez bénéficiaire à l’arrivée.

Thauvin et Payet. Deux joueurs talentueux, souvent décisifs, et dont les cotes dépassent régulièrement le 3 contre 1.

De grosses cotes, qui permettent de miser sur plusieurs chevaux

Pour cette 30ème journée, on pouvait également parier sur quelques uns des meilleurs buteurs de notre championnat, pour des cotes encore une fois très intéressantes, à l’image de Balotelli à 2.75 contre Nantes, du Montpelliérain Mounié à 2.85, ou encore sur les Toulousains Delort (2.70) et Braithwaite (2.85). Prenons un autre exemple avec Cavani, avant le match face à Lyon. Certes, c’est une grosse rencontre pour le club de la capitale, et les doutes entourent encore les hommes d’Unai Emery après la catastrophe catalane. Mais on parle là du meilleur buteur du championnat, qui dispose de statistiques tout bonnement hallucinantes avec près d’un but par match en moyenne. On pouvait de plus imaginer des Lyonnais forcément un peu éreintés après leur qualification face à la Roma, qui les pousse d’ailleurs à concentrer toutes leurs forces sur cette Ligue Europa. Bref, avec 27 buts marqués en 29 journées, le calcul est simple (29/27=1.07), et la cote du buteur Uruguayen devrait être très faible. Pourtant, elle atteint un très joli 1.45, soit… autant que la cote d’une victoire parisienne. Sauf que l’une est trop basse par rapport à l’adversité et au contexte, quand l’autre est étonnamment mieux payée que la réalité des faits.

Un sport collectif, des individualités à la finition

Ce ne sont évidemment que des exemples, sur des rencontres précises. Mais vous pouvez ainsi comprendre à quel point ces paris, moins utilisés par le grand public, disposent de cotes bien plus attrayantes, pour une prise de risque mesurée. Intéressez-vous aux buteurs attitrés, évidemment, mais aussi aux autres joueurs offensifs, inévitablement plus fréquemment proches des buts adverses, ou bien encore aux tireurs de penalties, et aux défenseurs qui montent, sur les coups de pied arrêtés. Car si le football est un sport collectif, qui se gagne à 11, voire à 14 avec les remplaçant appelés à donner un coup de main au cours de la rencontre, on retrouve très souvent les mêmes joueurs à la finition.

Ces défenseurs buteurs

Et oui, même les défenseurs peuvent scorer ! Le meilleur exemple évolue au Real Madrid depuis de longues années : il s’agit de Sergio Ramos (déjà 7 buts en Liga cette saison). Redoutable défenseur, il est aussi ultra-performant quand il se retrouve dans la surface adverse, à la réception des corners et des coups de pied arrêtés, grâce à un timing tout simplement exceptionnel. D’autres joueurs qui passent la majorité de leur match à défendre se montrent très réalistes en attaque. En Ligue 1, les meilleurs dans ce domaine se nomment Thiago Silva, très souvent dangereux dans les airs avec le PSG, Kamil Glik (déjà 5 buts en L1), ou bien encore le Marseillais Rolando, auteur de 4 réalisations depuis le début de cet exercice 2016-2017.

Sergio Ramos, un défenseur très habile dans le secteur offensif, qui pourrait vous rapporter gros.

Le nombre de buts par match

Le football moderne est une science plus inexacte que jamais. On l’a vu avec l’Islande quart de finaliste lors du dernier Euro, ou avec Leicester sacré champion en Premier League la saison passée. Et comme le nombre de parieurs, et donc de paris, ne cessent d’augmenter, les cotes des favoris ont logiquement tendance à baisser, et le risque de se planter est de plus en plus important. Mais là encore, de nouvelles formes de paris semblent plus rentables, comme celle qui vise à imaginer le nombre de buts marqués lors d’une rencontre. Le pari le plus adapté ? Miser sur un match avec plus ou moins de buts marqués (on utilise le plus souvent 1.5 et 2.5 buts comme référence). C’est évidemment beaucoup plus facile à dire après coup, mais on pouvait imaginer peu de buts lors du match retour entre l’Atlético Madrid et Leverkusen en huitièmes de finale retour de la Ligue des champions (0-0). Avec le succès 4-2 à l’aller, l’une des meilleures défenses du monde allait avant tout protéger son avantage, ce qu’elle a réalisé sans sourciller. Au contraire, après un premier round complètement fou (5-3), on pouvait aisément penser que la barre symbolique des 1.5 buts, et même celle des 2.5 buts, serait dépassée lors de la deuxième manche entre Monaco et Manchester City (3-1). On a vu le résultat…

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Sommaire du N°115 - Septembre 2017